Publié le Vendredi 21 Avril 2017 à

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Attentat des Champs Elysées: Karim Cheurfi, un récidiviste de l'attaque de policiers(vidéos)

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Une carte grise a été retrouvée dans le véhicule de l’auteur de l’attentat des champs Elysées. Une perquisition a été menée à son domicile pendant la nuit. L’homme avait déjà fait l’objet d’une condamnation pour s’en être pris à des policiers. Il s’agirait d’un certain Karim Cheurfi. Trois personnes de son entourage ont été mises en garde à vue.


Karim Cheurfi (médaillon), principal suspect.

Karim Cheurfi (médaillon), principal suspect.

«  Ici, tout le monde le connaît, c’est quelqu’un qui a perdu la raison, de psychologiquement vraiment atteint  », confie à l’AFP sous couvert d’anonymat un habitant de son quartier calme et pavillonnaire de Chelles (Seine-et-Marne), qui dit le connaître depuis plus de vingt ans. «  Ses actes, ses réactions, sa façon de marcher, son attitude étaient en décalage, comme s’il venait de Mars  », poursuit-il.

« Il a un grain »

«  Il a un grain  », confirme Salim, qui se présente comme un ami d’un de ses cousins, et assure l’avoir vu pour la dernière fois «  il y a deux ou trois semaines  ».

Né le 31 décembre 1977 à Livry-Gargan (Seine-Saint-Denis), autre commune de la banlieue nord-est de Paris, Karim Cheurfi avait été arrêté le 23 février par la police judiciaire de Meaux, soupçonné de vouloir tuer des policiers. Mais il avait été relâché le lendemain à l’issue de sa garde à vue, faute d’éléments, selon des sources proches de l’enquête.

Depuis mars, il était visé par une enquête antiterroriste confiée à la Direction générale de la sécurité intérieure (DGSI) mais n’était pas « fiché S », selon une de ces sources. Cet homme sans profession connue avait déjà eu affaire plusieurs fois à la justice, pour des faits de vols avec violence puis trois tentatives d’homicide. En février 2005, il avait été condamné en appel à quinze ans de réclusion pour avoir tenté de tuer un élève gardien de la paix portant un brassard police et le frère de celui-ci.

Les faits remontaient à 2001 : Karim Cheurfi, circulant à Roissy-en-Brie (Seine-et-Marne) au volant d’une voiture volée, avait pris la fuite après avoir percuté un autre véhicule. Armé d’un revolver, il avait grièvement blessé les deux frères qui tentaient de le rattraper. Deux jours plus tard, il avait tenté de tuer un autre policier dont il s’était saisi de l’arme durant sa garde à vue.

Après sa détention, il avait été de nouveau condamné en 2014 pour vol aggravé à Meaux à quatre ans de prison dont deux ans de sursis avec mis à l’épreuve. Il était retourné en prison, d’où il en sort en 2015. Selon une source proche de l’enquête, il n’avait pas présenté de signes de radicalisation en détention.

«  Il était marqué par la prison mais pas marqué par la religion ou autre  », estime Mohammed, 21 ans, qui vit dans la petite cité HLM proche du pavillon où Karim Cheurfi vivait chez sa mère. «  Il avait une haine de la justice et de la police(…), il a peut-être pété un plomb en sortant de prison  ».

Après sa libération conditionnelle, il n’avait pas particulièrement fait parler de lui. «  On avait des petits dossiers sur lui mais rien de transcendant. Depuis sa sortie de prison, il avait réussi à se faire un peu oublier  », indique une source policière.

Son attaque sur les Champs-Elysées a été presque aussitôt revendiquée par le groupe jihadiste Etat islamique (EI), mais cette revendication pose question puisque l’organisation donne un nom de guerre d’un jihadiste belge nommé comme « Abu Yussef le Belge ».

Des armes dans le véhicule

Des armes ont été découvertes dans le véhicule de l’auteur présumé de l’attentat, a annoncé la chaîne française BFMTV. Un fusil à pompe et des armes blanches auraient été découvertes, dont un couteau de cuisine. Des notes manuscrites auraient également été mises au jour, toujours selon la chaîne d’information. Ces notes reprenaient l’adresse de la DGSI, d’un commissariat et de trois armureries. Un exemplaire du coran a également été retrouvé.

Du reste, Karim Cheurfi n’est pas décrit dans son voisinage comme un homme radicalisé ayant pu graviter dans la nébuleuse salafiste jihadiste.

«  Vous lui disiez Daech (un acronyme en arabe de l’EI, NDLR), je suis sûr qu’il ne savait même pas ce que c’était  », balaye Salim. «  Il ne savait même pas se servir d’une télécommande, alors aller sur internet et contacter Daech, j’imagine pas !  », développe-t-il.

Abdel, un autre voisin de 23 ans, abonde : « il avait une haine contre la police, contre la France. Il était marqué par la prison. Mais Daech, c’est n’importe quoi ».

L’homme n’était pas non plus connu comme ayant une quelconque pratique musulmane communautaire. «  Je vais souvent à la mosquée, je ne l’y ai jamais vu  », dit Salim. Même constat chez un autre riverain, qui décrit un homme «  absolument pas religieux  ».

Perquisitions à son domicile

Selon les informations du Parisien, une perquisition a été menée dans la nuit de jeudi à vendredi, à Chelles, en Seine-et-Marne au domicile de l’homme titulaire de la carte grise du véhicule utilisé pour l’attaque. Des vérifications sont actuellement en cours pour vérifier si les empreintes de l’homme abattu sur les Champs-Elysées correspondent au titulaire de la carte grise retrouvée.

Selon Le Parisien, la carte grise du véhicule est au nom de Karim Cheurfi, 39 ans, condamné en 2003 à 20 ans de prison pour avoir tenté de tuer trois hommes, dont deux policiers. En 2005, sa peine avait été réduite de cinq ans.

Par ailleurs, trois personnes faisant partie de l’entourage du tueur abattu par les forces de l’ordre, ont été interrogées et mises en garde à vue. Elles se trouvaient aux domiciles perquisitionnés.

Sur les Champs-Elysées, des touristes et commerçants sonnés et anxieux

« On est sous le choc » : touristes et habitués du quartier reprenaient vendredi, anxieux, le chemin des Champs-Elysées et les commerçants rouvraient boutique, inquiets des retombées économiques de l’attaque survenue la veille.

«  On est un peu effrayés. Mais le réceptionniste de l’hôtel nous a dit que tout allait bien, que tout était réglé  ». Yue Wu, 24 ans, arpente les Champs-Elysées, où jeudi soir un homme a fait feu contre un véhicule des forces de l’ordre, tuant l’un des policiers et en blessant deux autres ainsi qu’une touriste allemande. Des bouquets de fleurs ont été déposés vendredi matin sur les lieux de l’attaque, qui avait déclenché un vent de panique et un déploiement policier massif dans la soirée.

La jeune Chinoise est venue admirer l’Arc de triomphe et compte ensuite, avec son amie Xuyang Geng, 22 ans, immortaliser la Tour Eiffel. «  On s’inquiète un peu pour notre excursion d’aujourd’hui mais, pour l’instant, on se sent en sécurité  », dit-elle, tandis que la présence policière est discrète sur la plus célèbre avenue du monde.

Bruna Zortea, une Brésilienne de 27 ans, passait la soirée de jeudi au Trocadéro lorsqu’elle a entendu les sirènes des voitures de police : «  on s’est tout de suite dit que c’était une attaque terroriste. Quand on est rentrés à l’hôtel, on avait plein de messages de notre famille et de nos amis  ». La Brésilienne se sent «  triste  » : «  on adore Paris, c’est la quatrième fois que l’on vient, mais ça nous décourage un peu de revenir  ».

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