Publié le Vendredi 21 Avril 2017 à

Sports > Cyclisme

«La Ferme Libert dans le top 3 des difficultés de la Doyenne»

Eric Clovio

À la découverte de la nouvelle trilogie malmédienne de Liège-Bastogne-Liège avec le coureur hesbignon Antoine Warnier.

Militis

Zappée de la 103 e  édition de Liège-Bastogne-Liège, la trilogie stavelotaine Wanne/Stockeu/Haute-Levée fait place à un autre triptyque, malmédien celui-là. Entre les bornes 168 et 182 de la Doyenne des classiques, le peloton des prétendants à la succession de Wout Poels devra ainsi effacer de son carnet de route la côte de Pont, la côte de Bellevaux et la côte de la Ferme Libert.

Trois ascensions d’un bon kilomètre chacune, au cœur de la nature ardennaise, qui vont rendre le souffle court et entamer les réserves avant même Francorchamps et le col du Rosier.

Cette nouvelle séquence de LBL, nous vous la faisons découvrir en compagnie du coureur pro Antoine Warnier (Veranclassic Wallonie-Bruxelles), qui s’est prêté à l’escapade découverte quelques jours avant d’affronter les classiques ardennaises, et de notre collaborateur (et ancien coureur du VC Ardennes) Maxime Segers.

Côte de Pont : « C’est là que la finale débute »

Entre Vielsalm et Malmedy, alors que le peloton n’aura encore gravi que La Roche (dans la descente vers Bastogne) puis Saint-Roch (en entamant la remontée), le premier raidillon officiellement répertorié sur le road book est inédit. La côte de Pont, qui traverse le village du même nom, proposera 1 kilomètre d’ascension, à 10,5 % de moyenne.

« On sera à 90 kilomètres de l’arrivée (km 168), c’est là que la bagarre commence vraiment », estime le Hesbignon Antoine Warnier. « D’autant que les offensives au long cours, menées de très loin, ont pas mal de succès en ce printemps des classiques ». Le jeune coureur originaire d’Othée sourit, il sait qu’un bon placement sera déjà impératif au pied de cette côte, sous peine d’être englouti dans la masse. « Sur une classique de ce calibre, une équipe comme la nôtre ne peut raisonnablement pas jouer la victoire, il sera donc primordial de figurer dans le bon coup du matin ou dans la première section du peloton. Pas plus loin que les trente premiers », autour d’un leader qui devrait être le Hervien Sébastien Delfosse. « C’est étroit, ça serpente, il faudra faire et tenir sa place ».

Côte de Bellevaux : « Pas le temps de souffler »

Pas le temps de souffler dans la descente de Pont que Bellevaux se présentera déjà (km 172). « À peine deux minutes de route depuis la bosse précédente, le replacement ne sera pas possible. C’est l’enfilade qui fera mal aux jambes. » Bellevaux développe 1.100 mètres d’ascension, à 6,8 % de moyenne. « C’est plus roulant que la côte de Pont, plus large et urbanisé, ce qui offre assez peu de prise au vent, sauf sur le replat final. »

Certitude : « A ce moment-là, vous savez si vous êtes dans un bon jour, ou pas. Si vous avez une chance de participer à la finale, ou pas. Les sensations ne mentent pas. »

Côte de la Ferme Libert : Presque trop dure à ce moment-là »

Le dernier volet du triptyque malmédien (km 180) n’aura pas les mêmes couleurs que les deux précédents, celles-ci seront plus rudes, plus agressives. « On ne va pas chanter la même chanson, en effet », sourit Antoine Warnier. Primo, l’approche de la Ferme Libert sera très spécifique. Virage à gauche, à 90 degrés, après la traversée de la ville de Malmedy. « Un entonnoir ! Je n’imagine pas qu’une équipe n’ait pas reconnu cette nouvelle portion de LBL, sous peine d’être sacrément surprise ».

Au milieu de la forêt, l’ascension est exigeante, aussi raide que la descente des skieurs rassemblés au sommet dès que la neige recouvre la région. « C’est la plus longue des trois (1,2 km), la plus pentue aussi : plus de 12 % de moyenne mais avec un replat après les deux premiers tiers de la grimpette, ce qui signifie qu’il y a des passages à 15 % ».

Lorsque le peloton arrivera à hauteur de l’hôtel de la Ferme Libert, il ne sera pas encore au bout de ses peines, les 300 derniers mètres (jusqu’au remonte-pente) resteront ardus.

« Pour moi, cette côte est plus difficile que La Redoute à Remouchamps », explique Antoine Warnier. « À la limite, elle est presque trop compliquée à ce moment de la course, alors qu’il restera encore 80 kilomètres et 5 cols/côtes répertoriés » (Rosier, Maquisard, Redoute, Roche aux Faucons et Saint-Nicolas).

Le débrief d’Antoine Warnier

« Dans l’absolu, la trilogie dessinée autour de Malmedy me paraît moins sélective que celle que La Doyenne empruntait historiquement, autour de Stavelot. Parce que Wanne, Stockeu et Haute-Levée sont des ascensions sensiblement plus longues (NDLR : entre 2,2 km pour Wanne et 3,5 km pour la Haute-Levée). Mais a contrario, la Ferme Libert me semble, elle, très difficile, raide et peu roulante. Pour moi dans le top 3 des difficultés de la journée, avec La Roche aux Faucons et Saint-Nicolas ».

Le seul bémol est la localisation, loin de l’arrivée. « Mais on a vu ces derniers temps que certains en ont ras-le-bol des courses d’attente et préfèrent ouvrir loin du but. »

Tactiquement, « il ne m’étonnerait pas qu’un groupe de costauds se dessine à la sortie de la Ferme Libert, vers Francorchamps, alors que le Rosier (km 198) trottera déjà dans les esprits. »

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