Débat interrompu à l'ULB: “ un acte de censure pur et simple ” (Haarscher)
Le philosophe Guy Haarscher, qui modérait le débat interrompu mardi par des chahuteurs islamistes, a condamné jeudi dans Matin Première “un acte de censure pur et simple”, commis selon lui par “des trublions qui se comportent comme des fascistes”.
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Publié le Jeudi 9 Février 2012 à 11
M. Haarscher espère que l’essayiste Caroline Fourest, cible du chahut, reviendra à l’ULB en dépit de sa réaction initiale de colère face à des événements dont elle dit n’être la victime “ qu’en Belgique ”. Il note toutefois qu’“ il suffit d’un groupe minoritaire pour saboter un débat ”, dans la mesure où “ les autorités académiques ne veulent pas utiliser la violence ”.
M. Haarscher a balayé les arguments avancés par Souhail Chichah, l’instigateur de la manifestation, qui dit avoir été lui-même la victime de perturbations similaires lors d’une conférence récente consacrée à l’humoriste controversé Dieudonné. M. Chichah pointe aussi les difficultés rencontrées il y a quelques années dans l’organisation d’un débat à l’ULB avec le penseur musulman Tariq Ramadan, qui n’a pu être invité qu’à certaines conditions.
“ Ils sont pour la liberté d’expression et ils l’entravent pour se venger. Cela n’a pas de sens ”, a rétorqué M. Haarscher. Jugeant que Souhail Chichah, un chercheur à l’ULB, s’oppose aux valeurs mêmes de l’institution, il lui suggère de “ faire sa carrière ailleurs ”.
Interrogé par un auditeur sur le libre-examen “ à géométrie variable ” de l’ULB, le philosophe a noté une différence entre les deux conférences chahutées. La conférence sur Dieudonné a donné lieu à des “ échanges vigoureux ”, mais “ le débat a pu se tenir ”. Ce ne fut pas le cas mardi soir, car Mme Fourest a été empêchée de s’exprimer par le bruit persistant de ses opposants, selon lui.
Plus généralement, M. Haarscher s’inquiète du repli communautariste à l’oeuvre dans la société. “ Au nom de la défense de la communauté, on n’exerce plus la raison ”, a-t-il affirmé, jugeant cette évolution “ très dangereuse pour le libre examen ”.
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