Belœil: son appartement de rêve en Sicile était une escroquerie
Il rêvait du paradis... mais a plongé dans un cauchemar. (Photo prétexte)
Pierre D., la soixantaine, espérait quitter la région pour trouver son petit coin de paradis du côté de la Sicile, près de Syracuse, une région dont il était tombé sous le charme. Mais l’appartement de rêve qu’il pensait avoir acheté était en fait une arnaque.
Rédaction en ligne
Publié le Jeudi 23 Février 2012 à 11
L’homme qui n’est pas sans le sou avait noué des liens d’amitié et de confiance avec un habitant de Belœil, Luigi D., âgé de 45 ans et Sicilien d’origine, qui l’avait invité quelques jours en Sicile en juillet 2004. Ce dernier tenait à l’époque une pizzeria sur la route de Stambruges. Un établissement qui, du jour au lendemain, avait cessé ses activités pourtant florissantes.
Luigi souhaitait lui-même rejoindre sa terre natale pour y travailler comme cuisinier.
Lors de son séjour en Sicile, Pierre D. était tombé sous le charme d’un charmant complexe situé dans la région de Portopalo.
C’est dans le but d’acquérir un bien immobilier qu’il avait confié une somme de 100.000 euros à déposer sur un compte par son nouvel associé. Une confiance sans doute un peu naïve car l’argent s’est envolé. Luigi se défend d’avoir détourné la moindre somme. “ On m’a dérobé l’argent. J’avais rencontré un notaire pour négocier l’achat d’un bien. Je lui avais tout donné, mais il a disparu ”, avance le prévenu qui a déjà livré plusieurs versions différentes. “ Un notaire, ça ne se perd pas comme ça ”, s’était étonnée la juge M.P. Hatert.
Le Sicilien maintient qu’il voulait s’installer aussi dans cette région en y travaillant dans la restauration tout en louant des bungalows. Le site s’y prêtait parfaitement. L’argent envolé, Pierre D., qui fait état de pression et de menaces constantes, a dû se résoudre à porter plainte.
Le Procureur du Roi estime qu’il y a bien eu escroquerie. “ Plusieurs retraits ont été effectués au profit du prévenu. Ce qui ne colle pas du tout avec la version de l’argent dérobé par le notaire fantôme ”. Mais vu l’absence de casier et l’ancienneté des faits, le Ministère public ne s’oppose pas au sursis pour la peine d’un an qu’il requiert.
La défense estime pour sa part que Luigi n’aurait pas placé sur un compte l’argent reçu en liquide s’il avait voulu se l’approprier.
D’autre part, elle relève que son client occupe avec ses deux enfants un logement social à Ville-Pommerœul. Il ne vit pas vraiment dans le luxe. “ Il s’est fait tromper lui-même. Il reçoit des lettres de menaces quasiment tous les jours. Des petits cercueils aussi. Il n’ose plus laisser ses enfants seuls en rue ”.
Me Jacmin insiste sur cette volonté de vengeance qui pèse sur Luigi. “ Il est d’accord pour verser une somme de 150 euros tous les mois à la victime, sachant qu’elle n’est pas dans le besoin ”. Luigi D. exprime encore ses regrets avant que la présidente ne mette fin aux débats, fixant le jugement au 13 mars.
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