Cour d'assises: la centaine de coups constatés sur Latifa ont eux seuls pu provoquer sa mort
Rédaction en ligne
La batte de base-ball qui a pu servir à frapper Latifa. (News)
Latifa Hachmi avait suivi des séances de Roqya, un rite musulman de “ désenvoûtment ”, chez elle, rue Waelhem, à Schaerbeek. Deux exorcistes, Abdelkrim Aznagui (60 ans) et Xavier Meert étaient intervenus, ainsi que son mari, Mourad Mazouj (34 ans), et trois « guérisseuses », Jamila Zian (44 ans), Fatima Zekhnini (41 ans) et Hayate Saif Nasr (30 ans). Tous sont jugés pour des tortures ayant entraîné la mort de la victime
Selon Mourad Mazouj, c’est sa femme qui avait émis le souhait de suivre ces séances parce qu’elle souffrait de ne pas avoir d’enfant. Latifa Hachmi était décédée à l’hôpital Brugmann, le 5 août 2004 après y avoir été hospitalisée, inconsciente.
Les médecins légistes ont déclaré mardi, devant la Cour, que la victime avait souffert de nombreux coups violents, d’une quasi-noyade et de strangulation. Selon ces experts, les coups ou la noyade auraient pu suffire à provoquer la mort de Latifa Hachmi. Ils ont également précisé que les coups avaient été d’une importante violence et que la quasi-noyade résultait de ce que la victime avait été plongée durant de longues minutes la tête dans l’eau.
Concernant l’objet qui avait servi à battre la victime, les experts ont souligné qu’il devait s’agir d’un objet contondant plus proche d’une batte de base-ball que d’un bâton. Le fait que la victime ait dû ingurgiter des quantités énormes d’eau, en l’occurrence un mélange d’eau, d’huile et de safran, n’était pas de nature à avoir causé la mort, ont-ils encore précisé.
Mardi après-midi, l’expert psychiatre Walter Poelman a, quant à lui, décrit l’accusé Abdelkrim Aznagui, sollicité pour pratiquer l’exorcisme, comme un manipulateur narcissique au charisme fort. “ Il tient une position dominatrice dans un environnement humain en désarroi. C’est une position sociale abusive ”, a commenté l’expert. “ Chez lui, l’empathie existe, mais il laisse le soin aux autres de se mouiller, si je peux m’exprimer ainsi ”, a ajouté le psychiatre.
Le procès se poursuivra mercredi avec l’audition de témoins.






Les + commentés