Publié le Lundi 16 Décembre 2013 à

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Tournaisis : un Français impliqué dans un accident de la route sur cinq

Daniel Foucart

« Encore des Français ». C’est la phrase qu’on entend souvent après un accident de roulage le week-end. Nous l’avons encore lue sur les réseaux sociaux après le drame de la route qui a coûté la vie à un Valenciennois de 17 ans un dimanche matin à Antoing. « Il y a beaucoup de Français parce qu’ils sont nombreux à venir chez nous, particulièrement dans nos discothèques, mais ils ne sont pas pour autant des plus mauvais conducteurs », fait remarquer un inspecteur de police de Rumes. Selon les statistiques de la zone de police de Tournai, un automobiliste sur cinq impliqué dans un accident est d’origine française, mais cela ne veut pas dire que les Français en sont responsables. Ils sont même le plus souvent victimes.


Le dernier accident grave a coûté la vie à un jeune Valenciennois dimanche matin à Antoing.

B.LIBERT

Le dernier accident grave a coûté la vie à un jeune Valenciennois dimanche matin à Antoing.

La police de Tournai nous a fourni ses dernières statistiques : sur 1.323 accidents dénombrés en 2012, 285 impliquaient un automobiliste français (qu’il soit responsable ou non) sur la zone du Tournaisis, soit environ un accident sur cinq. Les statistiques s’arrêtent à la mi-novembre pour l’année 2013 : 198 accidents ont impliqué une personne de nationalité française. On s’attend à une diminution par rapport à l’année dernière. La saison la plus délicate est le printemps pour l’année 2012 : 30 en avril, 29 en mai et 26 en juin. En août, mois de vacances, c’est plus calme : 10 accidents en 2012 et 11 en 2013

Dans les archives de Nord Eclair de l’année 2012, nous avons retrouvé la trace de 14 accidents graves (avec décès et/ou blessés graves) qui ont impliqué des Français sur l’ensemble de la Wallonie picarde. Pour cinq des accidents, qui ont fait 8 victimes, le plus souvent le week-end, les conducteurs étaient seuls en cause (embardée). On a compté cinq autres accidents, où le conducteur était clairement désigné comme un chauffard. Mais les Français sont plus souvent victimes que responsables des accidents graves : on a dénombré pour l’année 2012 quatre décès et/ou blessés graves. Quelques mois plus tôt, en novembre 2011, trois jeunes Françaises avaient perdu la vie sur l’autoroute à Péruwelz, après avoir été percutées par un… Lillois complètement ivre. En juin 2012, un Wattrelosien de 25 ans avait été fauché devant la discothèque Pergola, le long de la chaussée de Douai, par un conducteur français qui avait pris la fuite. En 2008, un autre jeune Français avait été écrasé par un véhicule immatriculé en France alors qu’il se promenait ivre sur la chaussée à proximité de la discothèque « le Cap’tain ».

S’il y a beaucoup de Français impliqués dans les accidents, c’est tout simplement parce qu’ils sont très nombreux à franchir la frontière pour faire leurs courses, acheter leurs cigarettes ou fréquenter nos discothèques. «  À la chaussée de Douai, environ 75 % des véhicules de passage sont immatriculés en France », estime l’inspecteur principal de la police de Rumes, Jean-MichelVivier. « Et le week-end, il suffit de regarder les plaques d’immatriculation sur le parking des discothèques ». Sont-ils pour autant des mauvais conducteurs ? « Pas du tout », répond l’officier de police. « Lorsque nous procédons à des contrôles, nous avons autant de conducteurs belges que français en infraction ».

Le commissaire Christine Noterdeam dresse le même constat à Mouscron, sur foi de son expérience personnelle : « proportionnellement parlant il n’y a pas plus de conducteurs français impliqués dans des accidents ». Un chiffre peut donner une idée : en février 2011, la police de Mouscron avait contrôlé 156 véhicules : 15 conducteurs étaient infraction, dont trois Français qui avaient l’objet d’une perception d’amende immédiate.

Les Français ne seraient pas plus dangereux que les Belges, sur foi des témoignages policiers. L’inspecteur Jean-Michel Vivier relève quand même des différences dans la façon de conduire : « les Français prennent plus franchement leur priorité de droite. Et priorité n’est pas toujours sécurité, comme on dit habituellement. Mais d’un autre côté, les Belges mettent moins facilement leur ceinture de sécurité. Mais là à nouveau, c’est un sentiment personnel ».

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