8e jour du procès Letiexhe: suivez-le minute par minute
publié le 17/03/2010 à 10h19
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Suite du procès du Dr Letiexhe et de son épouse, accusés d'un double assassinat par injection d'insuline pour toucher les héritages de deux dames âgées. La Meuse Liège vous propose de le suivre, minute par minute.
Rédaction en ligne
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>18h10
En fin de journée, Me Delobel a pris la parole, lui aussi pour réclamer l'acquittement de sa cliente, Marie Vossen. « J'ai un rôle ingrat, a-t-il déclaré, intervenir comme avocat pour celle qu'on vous a présenté comme une mante religieuse. » L'avocat a demandé aux jurés de répondre non aux questions sur l'assassinat mais également aux questions sur le recel ou sur la non-assistance à personne en danger. Défense et accusation reprendront la parole jeudi, dès 9h, pour de courtes répliques. Les jurés se retireront ensuite pour délibérer sur la culpabilité des deux accusés. Le verdict et l'arrêt motivé pourraient être connus jeudi en fin de journée.
>17h00
C'est sur des applaudissements que Me Mayence a clôturé sa plaidoirie, peu avant 16h30. Applaudissements vite réprimés par le président : « On n'est pas dans une salle de spectacle ! » L'avocat de Michel Letiexhe a insisté sur le peu d'éléments matériels existant dans ce dossier. « C'est un mauvais procès emmanché sur une conviction dénuée de crédibilité » a-t-il rappelé après avoir longuement plaidé pour démontrer que ce dossier était celui d'une vengeance après un constat d'adultère. Me Mayence a donc demandé aux jurés d'acquitter le Dr Letiexhe. Peu avant 17h, Me Delobel a pris la parole pour la défense de Marie Vossen. Il a annoncé une heure trente de plaidoirie.
>14h40
A 14h, Me Mayence a entamé sa plaidoirie pour réclamer l'acquittement de Michel Letiexhe. Il ne reste plus une seule place assise. C'est dans une salle encore plus remplie que les autres jours que l'avocat a pris la parole. « Pouvez-vous regarder mon client droit dans les yeux, dire : « Oui, vous êtes coupable d'assassinat » et l'envoyer pour le reste de sa vie en prison ? » a-t-il demandé aux jurés.
>13h22
« Nous avons deux décès, deux héritages, une foule d'éléments convergents, les déclarations de deux femmes, Mmes Servais et Vossen, et les aveux de l'accusé sur l'enregistrement, » a répété Mme Cayet, pour l'accusation, après une heure de démonstration sur le décès de Betty Loix. Cet après-midi, dès 14h, c'est la défense de Michel Letiexhe qui prendra la parole. Ils ont également annoncé trois heures de plaidoiries.
>13h12
L'avocat général Eric Staudt a requis, mercredi devant la cour d'assises de Liège, la culpabilité du docteur Letiexhe pour le double assassinat de Josée Julémont et de Berthe Loix. Il a par contre demandé l'acquittement de Marie Vossen sur les faits d'assassinat, estimant qu'elle devait être déclarée coupable de faits de non-assistance à l'égard de la première victime ainsi que de recel de biens successoraux. L'avocat général a écorché l'image de "médecin sauveur" qui a été attribuée au docteur Letiexhe par la majorité de ses anciens patients. Il a dénoncé la présence d'un "fan club" dans la salle d'audience depuis le début du procès. Pour le ministère public, Michel Letiexhe est un tueur qui a agi avec anticipation pour préserver l'héritage que lui destinait Josée Julémont. Cette dernière venait à peine d'être tuée quand Michel Letiexhe s'est précipité chez elle pour s'emparer de ses titres. La dame a été rapidement incinérée, a relevé l'avocat général.Marie Vossen était bien informée des agissements de son mari puisque, fin 2001, elle l'a prévenu qu'il ne devait pas toucher à sa "tante Betty", après avoir supprimé sa marraine. A cette époque, le couple était uni et soudé. Mais l'accusation estime que Marie Vossen n'aurait posé aucun acte de participation lors de la mort de Josée Julémont, tandis qu'elle n'était pas présente lorsque Michel Letiexhe a tué Berthe Loix. L'avocat général estime qu'il est curieux de voir deux personnes âgées en bonne santé, sans famille et sans enfants qui meurent le jour où elles manipulent de l'argent. Eric Staudt a rappelé les aveux enregistrés sur une cassette. Pour l'avocat général, il est impossible que cet enregistrement s'inscrive dans le contexte d'une relation sexuelle scénarisée pour assouvir les fantasmes de son épouse."Par avidité et par besoin d'argent, peut-être pour mieux satisfaire votre épouse, vous n'avez pas hésité à supprimer deux personnes", a adressé l'avocat général au principal accusé.
>12h28
« M. Letiexhe, même si je ne renie pas les témoignages et le soutien de nombreux patients, l'avidité et le besoin d'argent vous ont conduit à supprimer la vie de deux personnes » a conclu l'avocat général qui a demandé aux jurés de reconnaître l'accusé coupable des deux assassinats. Pour Marie Vossen, Eric Staudt a demandé aux jurés de répondre non pour les deux accusations d'assassinat. Par contre, l'avocat général estime que l'accusée a manqué de réaction adéquate, et qu'il y a bien eu défaut d'assistance à deux personnes en danger. L'accusation a aussi demandé aux jurés de retenir le recel des héritages. A midi et quart, Christine Cayet, subsitut, a pris la parole pour la deuxième partie du réquisitoire consacrée aux éléments médicaux qui concernent le décès de Betty Loix.
>10h22
Ce mercredi matin, peu après dix heures, l'avocat général, Eric Staudt a pris la parole pour son réquisitoire contre le Dr Letiexhe et Marie Vossen. « J'ai le sentiment d'un épouvantable gâchis professionnel et familial dont sont responsables deux personnes qui avaient tout pour réussir, » a déclaré d'emblée l'accusation qui a annoncé plus de deux heures de temps de parole.
>9h31:
L'audience de la cour d'assises de Liège consacrée au réquisitoire de l'avocat général Staudt et aux plaidoiries de la défense, au procès du Dr Letiexhe et de son ex-épouse, débutera mercredi à 10h, a annoncé le président Robert Gérard.
En raison de l'heure tardive de la fin de l'audience de mardi, quelques heures supplémentaires ont été accordées à toutes les parties qui doivent s'exprimer mercredi afin qu'elles puissent préparer leurs interventions.
>Résumé de la journée de mardi:
Les experts psychologues et psychiatres ont exposé mardi devant la cour d'assises de Liège que le Dr Michel Letiexhe présente une personnalité à plusieurs facettes. L'accusé a une grande estime de lui. Mais il devait briller pour accéder à la fierté et se sentait sécurisé dans ses rapports avec ses patients car il avait besoin de paraître bon.
Avant d'auditionner les experts, la cour a entendu en dernière minute deux témoins qui se sont manifestés auprès de l'avocat Mayence pour exposer qu'ils possédaient une information qui pouvait avoir une importance sur les débats. Il s'agit d'un médecin et de son assistante qui ont certifié que, en février 2001, un médecin qui ne s'était pas identifié au téléphone les avait appelé pour leur demander des informations sur la procédure à suivre pour rédiger un certificat de décès.
Depuis le début du procès, le Dr Letiexhe certifiait avoir réalisé une démarche de ce type lors du décès de Josée Julémont mais aucun élément ne permettait de l'attester. Le dossier évoquait le fait que Michel Letiexhe aurait inventé cet épisode pour se couvrir. Les témoins ont confirmé qu'il avait bien réalisé une démarche. Mais sa demande était restée floue et sans suite.
La psychologue Glowacz a relevé chez l'accusé Michel Letiexhe une personnalité complexe et multiforme qui repose sur des mécanismes de défense. L'accusé ne veut montrer de sa personnalité que son versant idéal car il a peur de déplaire. Il affiche des attitudes de supériorité et remet en cause les avis et les jugements des autres. Il existe chez lui une nécessité de briller pour accéder à la fierté. Michel Letiexhe est très attaché à ses diplômes et à son statut. Il s'est senti sécurisé dans ses rapports avec ses patients car il avait besoin de paraître bon.
Le psychiatre Denys estime pour sa part que l'histoire familiale du Dr Letiexhe a été construite sur une gaine de principes. Il a été isolé durant sa jeunesse, pendant laquelle on lui a appris qu'il était différent des autres. Pour se valoriser et confirmer ses capacités, il avait besoin de la sensation de réussite et de pouvoir. Michel Letiexhe a une grande estime de lui. L'empathie n'existe chez lui que quand sa position est favorable face à l'autre.
Selon le psychiatre, Marie Vossen vivait dans l'ombre de son mari et était devenue une poupée de luxe. Elle était comme une potiche qui devait valoriser son mari et ne pouvait le déprécier. Marie Vossen n'affiche pas de trouble de la personnalité. Pour la psychologue, Marie Vossen entretenait une relation fusionnelle avec son mari car elle avait besoin d'affection. Elle était fière de lui, dépendante et soumise.
Le réquisitoire de l'avocat général Staudt et les plaidoiries des avocats de la défense débuteront mercredi.