Brainois et globe trotter en famille
publié le 08/02/2010 à 16h45
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Ingénieur, le Brainois Denis Thibaut est un véritable pigeon voyageur. Institutrice à Clabecq, Sophie, son épouse l’a suivi. Elle a quitté sa classe pour sillonner le monde avec lui. C’est aux States qu’elle a donné le jour à leurs deux enfants.
Rédaction en ligne
>Denis, quel âge avez-vous? À quel âge avez-vous quitté notre petit pays? J’ai 38 ans. J’ai quitté la Belgique à 27 ans pour partir avec mon épouse Sophie aux Etats-Unis. Nous y sommes restés sept ans. Ensuite, nous avons vécu deux ans en Chine et deux ans au Brésil. Nous sommes récemment revenus en Chine. Nous habitons maintenant à Pékin.
>Quel a été votre parcours avant de partir à l’étranger? J’ai effectué un parcours assez classique à l’Athénée Royal de Braine-le-Comte, où j’ai passé toutes mes années d’enseignement maternel, primaire et secondaire. Je suis ensuite entré à l’École Polytechnique à l’ULB. À 19 ans, j’ai eu l’opportunité de partir étudier à Paris dans le cadre d’un programme d’échanges. J’y ai vécu cinq ans, et c’est certainement cette expérience qui m’a donné envie de vivre dans des pays plus lointains et exotiques.
>Pourquoi avoir décidé de quitter le pays?Après mes études d’ingénieur, j’ai rejoint la société Solvay, à Bruxelles. Je travaillais au centre de recherche dans le département automobile. C’est un secteur très dynamique, où les opportunités de bouger ne manquent pas. Après deux ans, j’ai accepté un poste basé près de Détroit, aux Etats-Unis. C’était l’occasion de découvrir ce grand pays, de parfaire mon anglais et d’apprendre les méthodes de travail d’outre-Atlantique.
>Quelles ont été les difficultés les plus importantes au départ? Quitter la famille et les amis est difficile. Sophie, mon épouse, a dû quitter son poste d’institutrice à l’école communale de Clabecq, sans garantie de pouvoir retrouver une occupation régulière aux Etats-Unis. J’ai beaucoup de chance qu’elle soit si flexible et toujours prête à me suivre. Nous pensions que l’intégration aux Etats-Unis aurait été plus simple. En Europe, nous sommes très exposés à la culture américaine avec le cinéma, la publicité ou autres médias. Nous croyions que la vie serait semblable à celle que nous menions en Belgique. Le dépaysement était plus fort que prévu. Les premières semaines sont toujours très difficiles: se repérer dans la nouvelle ville, trouver une maison, s’occuper du téléphone, internet...sans maîtriser la langue et dans des pays compliqués comme la Chine ou le Brésil, c’est un boulot à plein-temps pour mon épouse, qui passe ses journées entre l’école des enfants, les maisons à visiter et autres démarches administratives. Pour corser le tout, je voyage beaucoup. Ce n’est pas simple tous les jours. Nos enfants sont nés aux Etats-Unis. Chaque déménagement est difficile pour eux également: nouvelle école, nouveaux amis.
>Comment êtes-vous parvenu à vous intégrer? La clef est de reconstituer rapidement un cercle d’amis. Nous rencontrons beaucoup de personnes par l’intermédiaire de l’école des enfants. Au Brésil, les associations des expatriés français et internationaux étaient très actives. Et bien sûr, il faut apprendre la langue locale. Un peu de Chinois aide beaucoup pour négocier les prix dans les marchés à Pékin!
>Revenez-vous souvent en Belgique? Pourquoi? Nous revenons deux fois par an: l’été et en fin d’année. C’est l’occasion de voir la famille, les amis et de garder le contact avec le pays. Bizarrement, nous nous sentons plus “ belges ” depuis que nous avons quitté la Belgique. Vivre à l’étranger nous fait apprécier la Belgique différemment.
>Les avantages et les inconvénients de travailler là-bas? Côté professionnel, je n’y vois pas d’inconvénients. C’est l’occasion de découvrir de nouvelles choses et d’enrichir sa connaissance des marchés, des méthodes de travail, des différentes cultures d’entreprise. J’ai la chance de travailler pour un groupe très international. Chaque expatriation me donne l’opportunité de rencontrer de nouvelles équipes.
>Quelles sont les grandes différences avec la Belgique?Aux Etats-Unis, je suis resté émerveillé par la capacité des gens à se remettre en question, à garder confiance dans l’avenir, à entreprendre. En Europe, on est plus fataliste, défaitiste, cynique. Aux US, c’est le “ Yes we can ”. C’est un pays immense, avec des paysages superbes. En Chine, on est frappé par la densité de population, par la rapidité de changement. Tout est toujours en construction ou démolition. Pékin reste un grand chantier, même après les Jeux Olympiques. La pollution y est très élevée, les espaces verts très rares. Tout est plutôt gris et déprimant. Cela nous fait apprécier davantage notre pays encore bien vert. Le Brésil est aux antipodes de la Chine, à tous les points de vue: plages, fêtes, samba... Les Brésiliens savent apprécier la vie, qui y est plus “ relax ”, le travail aussi. On dit qu’il n’y a que deux choses qui démarrent à l’heure au Brésil: le foot et le carnaval.
>Quel a été le meilleur moment de votre séjour? Voir nos enfants grandir aux Etats-Unis, un pays fabuleux pour les petits. Tout est fait pour les enfants. Les Américains ont une grande tolérance et une patience infinie avec les petits.
>Et votre plus mauvais souvenir? Notre arrivée au Brésil. Nous sommes partis de Belgique un dimanche matin 31 juillet de bonne heure. Après trois avions et un voyage de 24 heures, nous sommes arrivés au Brésil en plein hiver là-bas, avec une température proche de zéro degré. Pas de chauffage dans les maisons. C’était plutôt difficile au début. Ce n’était pas l’image typique que les Belges se font du Brésil.
>Parlez-nous de vos enfants! Sophie et moi avons deux enfants, Antoine (10 ans) et Pauline (8 ans). Ils sont nés au Michigan. Ils ont commencé l’école en anglais aux E-U. En Chine et au Brésil, ils ont fréquenté des écoles internationales, où les cours sont donnés en anglais. Nous parlons le français à la maison. Antoine est passionné d’aviation et de modélisme. Nous avons trouvé un club à Pékin, et nous sommes impatients de voir le printemps arriver et la neige fondre pour ressortir les avions téléguidés. Pauline adore lire, écrire, bricoler, colorier. Elle est très créative et nous surprend toujours par ses réalisations artistiques.
>Un bon plan à proposer là-bas pour des vacanciers belges? Partir à Las Vegas, y passer quelques jours. Ensuite louer une voiture et partir dans les canyons. Avec un passage en Californie. C’est une région fabuleuse.
>Que faut-il absolument faire dans votre pays d’adoption? Voir la muraille de Chine. C’est à couper le souffle.