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La Louvière : la boisson qui fait scandale

Une boisson énergisante qui porte le nom d’une drogue dure!  News

Une boisson énergisante qui porte le nom d’une drogue dure! News
    A coup de pub provocatrice, un Louviérois s’est mis en tête de commercialiser une boisson énergisante qui porte le nom d’une drogue. La ville de La Louvière y voit une incitation dangereuse et a interdit toute vente lors du carnaval. Au CRIOC, on est... stupéfait.

    Martine Pauwels

    Cette cannette surmontée d’une diablesse aguichante porte le nom d’un stupéfiant. Mais sans tréma sur le i. Un Louviérois profite du carnaval pour amorcer sa distribution exclusive en Belgique...

    Un marketing agressif, provocateur, qui atteint son objectif. Hier matin, tout le monde en parlait, de cette pub. Une boisson qui porte le nom d’un puissant stimulant du système nerveux, que d’aucuns utilisent comme drogue.

    “ Un nom qui n’a rien à voir avec la composition du produit, se défend le Triviérois Gianni Giuffreda. Cette boisson énergisante se distingue de l’autre breuvage le plus connu dans le genre par un taux trois fois plus concentré de caféine. En buvant une seule cannette, vous avez théoriquement votre dose maxi pour la journée. D’autres composants tels que la L-carnitine (vitamines B11 et brûleur de graisses), le D-ribose (sucre) et le guarana (stimulant et coupe-faim) sont présents dans cette boisson qui s’apparente à celle utilisée dans le monde de la musculation, que je connais d’ailleurs très bien. Les précautions sont les mêmes que pour n’importe quelle boisson de ce type: pas d’abus, déconseillée aux femmes enceintes et aux personnes cardiaques. Mais un whisky est infiniment plus dangereux! ” . La boisson a été créée au Etats-Unis en 2007... “ Elle est autorisée à la vente dans le Benelux. Elle est commercialisée au Luxembourg, en Hollande et en Allemagne, mais pas encore en Belgique ”, affirme le Triviérois qui subodore l’affaire en or. Et qui veut profiter du carnaval pour faire connaître le produit. La commune de La Louvière a cependant mis son veto: pas question de commercialiser la boisson durant le Laetare. Pas

    question non plus de s’installer sur la voie publique. Le Triviérois annonce qu’il organisera une dégustation gratuite dans un lieu privé. “ Les gens auront l’occasion de goûter à raison d’un petit gobelet par personne ”. Le vrai problème se résume finalement au nom même du produit. Est-ce bien éthique, a-t-on le droit d’utiliser le nom d’un stupéfiant pour commercialiser un tel produit? Alors que de leur côté, les travailleurs sociaux rament pour sensibiliser des jeunes de plus en plus fragiles face aux assuétudes? Shocking!

    La réaction du CRIOC

    Dangereux? Pas directement. Choquant? Oui. Estime Marc Vandercammen, directeur du CRIOC (Centre de Recherche et d’Informations sur les Organisations de Consommateurs).

    “ Pour la petite histoire, il faut savoir que cette boisson énergisante a d’abord été commercialisée aux Etats-Unis sous la dénomination de “ No-name ”, “ pas de nom ” par la société redux beverages. Ensuite, l’argument marketing a été de dire que l’on choisissait ce nom pour lutter justement contre la drogue en incitant les jeunes à lui préférer cette alternative de boisson énergisante. Ce qui est un non-sens. Un raisonnement plutôt tordu. Mais que ne ferait-on pas pour vendre? ”. Pour Marc Vandercammen, il s’agit là d’occuper de manière efficace le marché très concurrentiel des boissons énergisantes. “ Créer la polémique est une excellente façon de se faire connaître ”. Sur le plan de la composition même du produit (concentration en caféine), Marc Vandercammen compare la boisson en question à un grand starbuck (ces fameux gobelets géants de café que l’on voit dans les pubs). Pas de quoi fouetter un chat mais ce défenseur d’une alimentation saine ne conseille pas la consommation d’une telle boisson pour qui se soucie de sa santé. “ En regard de la directive européenne, le fabricant est obligé de mentionner clairement la concentration de caféine dès que la quantité

    dépasse 150 mg. Ici, il y en 280 mg”.

    Le directeur du CRIOC mentionne cependant que les principaux distributeurs suédois ont refusé de commercialiser le produit suite à un avis négatif de la Konsument Verket. Et en ce qui concerne plus précisément le nom de cette boisson? “ Il est clair que d’un point de vue éthique et comportemental, c’est très dommageable. D’autant que le CRIOC va bientôt sortir un rapport qui démontre que la consommation de drogues dures est en augmentation chez les jeunes. D’un point de vue légal, c’est moins clair. D’aucuns vont brandir la liberté d’expression. Au-delà, j’ai envie de dire qu’il s’agit d’une pub mensongère puisque le produit mentionné dans le nom ne se retrouve absolument pas (N.D.L.R.: heureusement!) dans la composition du produit ”.

    Les commentaires (1)

    Le 11/03 à 23h09Norman
     Les rapaces sont toujours là pour se faire du pognon... zéro éthique, on vise le profit maximum... les résultats autres que financiers n'intéressent pas ces minables. Que cette pourriture aille faire le tour des familles qui ont perdu qqun à cause des stup'....

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    Il y a 1 commentaires.

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