Centre: Notre RAVeL, c’est la vie de château
publié le 10/03/2010 à 10h24
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En marge de notre opération “ RAVeL ”, nous sommes allés nous balader le long de l’eau entre Seneffe, Ronquières et Ecaussinnes. Notre RAVeL a la particularité d’être bordé de nombreux châteaux, témoins de l’Histoire atypique de la région du Centre.
Giancarlo Cataldo
Cette semaine, La Nouvelle Gazette vous offre cinq cartes qui reprennent, par provinces, tout le réseau RAVeL de Wallonie. Des itinéraires qui permettent de découvrir agréablement les particularités de nos régions. Dans le Centre, en suivant le RAVeL 3 qui relie Seneffe à Ronquières, puis le Pré RAVeL de la ligne 106 qui passe par Ecaussinnes, vous aurez l’occasion d’admirer pas moins d’une dizaine de châteaux. Ils sont les témoins de l’Histoire de notre région, et sont à découvrir dans La Nouvelle Gazette de ce mercredi 10 mars.
L’origine de cette abondance remonte au Moyen Âge, à l’époque du règne des Comtes de Hainaut et des Ducs de Brabant. “ Au XIe siècle, un conflit ouvert a débuté entre eux, explique Gérard Bavay, l’historien de la région à la barbe bien pendue. Chacun a encouragé la venue de seigneurs indépendants, placés dans des châteaux aux frontières du territoire, afin de renforcer les défenses. ”
Les seigneuries correspondent grosso modo à des petits villages. Il y en avait une à Henripont, une autre à Bornival, etc. Et chacune possédait un château ou un bâtiment qui y ressemblait. “ On ne peut pas imaginer un seigneur sans son château ”, continue Gérard Bavay.
Dès le XVIe siècle, ces biens territoriaux commencent à passer dans les mains d’héritiers, ou sont laissés à l’abandon et deviennent de véritables ruines ambulantes.
Un entretien qui coûte cher
À partir du XVIIe siècle, on voit de plus en plus de bourgeois racheter des seigneuries existantes, ou construire carrément des châteaux de plaisance en briques, “ qui peuvent être considérés comme d’anciennes villas. Dans la seigneurie de Salmonsart à Braine-le-Comte par exemple, un même propriétaire disposait du château, de la ferme et du bois. ”
Au début du XIXe siècle, en pleine période romantique, certains propriétaires de châteaux en briques plus tardifs se mettent à construire des tours pour créer une ambiance médiévale.
Aujourd’hui, la plupart de ces châteaux sont devenus des propriétés privées qui ne sont accessibles au public qu’occasionnellement. “ L’entretien d’une telle propriété coûte extrêmement cher. On parle ici en dizaines de milliers d’euros. En organisant des visites et des manifestations, ou en louant les lieux à des privés pour des banquets, c’est un moyen de faire rentrer de l’argent ”, selon l’historien. Mais le plus célèbre domaine, celui du château de Seneffe, appartient lui au domaine public.
La flambée de l’immobilier
Et au XXIe siècle? Construit-on encore des châteaux en Belgique? Oui, d’une certaine façon, selon Gérard Bavay: “ Les grosses villas de quatre façades sont les héritières des châteaux. Elles sont souvent bordées de clôtures et d’enceintes, parce que les gens aiment se protéger. Elles disposent d’une cour, d’un jardin qui remplace le parc, d’un grand garage pour ranger son carrosse moderne, et même parfois d’une écurie. ”
Mais les prix des terrains et de l’immobilier ayant flambé depuis le Moyen Âge, il n’est désormais plus possible de construire un véritable château. Même en gagnant à Euro Millions.