Thieu: Papillon de lumière, revis dans nos coeurs
publié le 28/07/2010 à 13h15
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Qui n’a pas le souvenir émerveillé des papillons volant dans son jardin? Sur les cent espèces que vous admiriez il y a trente ans, 18 ont déjà disparu. Pour arrêter cette progression, Natagora lance une vaste opération de recensement des espèces de papillon. À Thieu, Jean-Louis Lefebvre nous a fait visiter la réserve naturelle à la découverte des papillons.
Amélie Bruers
Les papillons, tout le monde les aime. Pour autant, on sait souvent peu de chose sur eux: combien sont-ils? De quoi ont-ils besoin? Comment les préserver?
Pour répondre à cette dernière question, Natagora propose une grande action de sensibilisation et d’action ce week-end (voir ci-dessous).
En attendant, d’autres personnes se battent au quotidien pour maintenir l’écodiversité de notre région. C’est le cas de Jean-Louis Lefebvre, de Bracquegnies. “ J’ai toujours été intéressé par la nature, raconte le gestionnaire de la réserve naturelle de Thieu. Depuis que mon grand-père m’a emmené avec lui à la découverte des bois, je suis passionné ”.
Reste les p’tits blancs
Informaticien à Charleroi, Jean-Louis consacre plusieurs heures par semaine à entretenir les 45 hectares que compte la réserve. Et ce, depuis 2006 et son entrée comme bénévole chez Natagora. “ Il faut vérifier que tout va bien, qu’il ne faut pas aller chercher une tronçonneuse en catastrophe ou surveiller certains changements. ”
L’intérêt de la réserve est évidemment de protéger un maximum d’espèces dans un lieu délimité et laissé à la nature. “ On a débroussaillé certains chemins pour les promeneurs mais on a laissé beaucoup de coins sauvages pour que la nature garde ses droits. ” Pour que les papillons continuent d’exister dans leur diversité. “ Beaucoup d’espèces disparaissent. Ici, on remarque qu’il y a encore beaucoup de papillons communs, “ les p’tits blancs ”, mais peu d’autres sortes. ”
Il faut en effet s’aventurer dans les coins plus retirés de la réserve et s’armer de patience pour avoir la chance d’observer des papillons plus colorés. “ C’est un vrai problème. Leur habitat naturel est attaqué de toutes parts, par la culture intensive de betteraves, notamment, qui nécessite de nombreux insecticides. ”
Les pollueurs compulsifs ont également leurs responsabilités. “ Je ne comprends pas comment on peut jeter son sac-poubelle ménager sur un bord de route ou dans une forêt. ”
Certaines plantes doivent également être retirées car elles envahissent rapidement la terre et détruisent la biodiversité. “ Mais le principal envahisseur, c’est l’homme. L’actualité nous le prouve avec le groupe pétrolier BP. On va forer sous la mer... sans penser à des systèmes de sécurité de secours. ”
Pour sauver la nature et les papillons, pas besoin d’être un grand écologiste ou un spécialiste. “ J’ai appris sur le tas, en lisant et en observant. Mon fils suit des études d’horticulture et ma fille aimerait être plongeuse sous-marine. Cela doit être de famille l’intérêt pour la nature. ”