Nouvelle semaine du procès Letiexhe, à suivre minute par minute

 

 
    Deuxième semaine de procès, dans l'affaire du Dr Letiexhe et de son épouse, accusés d'un double assassinat par injection d'insuline pour toucher les héritages de deux dames âgées. La Meuse Liège vous propose de suivre, minute par minute, le déroulement de ce procès d'assises. Retouvez également notre dossier spécial, avec tous nos articles et nos vidéos, sur ce procès...

    Rédaction en ligne

    >16h55:

    « J'espère que les jurés verront plus clair que la juge d'instruction » fait remarquer le témoin, ami de Michel Letiexhe, pour conclure son passage devant la cour d'assises. Ce témoin, en tous cas, semble s'être fait son opinion. Il faudra encore attendre un peu pour avoir l'avis des jurés puisque des témoins et experts seront encore entendus ce mardi, toute la journée. Mercredi, la journée devrait être consacrée aux plaidoiries.

    >15h00:

    « Je le connais depuis vingt ans, explique un collègue diabétologue du Dr Letiexhe, mais malgré tout je le connais finalement assez peu car il s'agit de quelqu'un de discret, courtois, avec toujours un sourire énigmatique mais assez difficile à cerner. » Cet après-midi, le défilé des témoins a repris. Ils viennent décrire l'homme ou le médecin qu'ils ont connu avant son incarcération, en avril 2007.

    >13:30:

    Les médecins légistes entendus lundi devant la cour d'assises de Liège ont confirmé que Josée Julémont et Berthe Loix n'étaient pas diabétiques et ne disposaient pas d'insuline dans leur environnement. Ils ont écarté l'hypothèse d'une injection à but suicidaire. Michel Letiexhe (42 ans) et son ex-épouse, Marie Vossen (39 ans), sont accusés d'avoir tué Josée Julémont le 10 février 2001 et Berthe Loix le 24 janvier 2002. Le médecin aurait pratiqué des injections mortelles d'insuline tandis que son épouse en aurait été informée mais ne s'y serait pas opposée. A la suite de ces deux décès, Michel Letiexhe et Marie Vossen ont touché un important héritage. Aucune autopsie des deux victimes n'a été réalisée puisque les faits n'ont été dénoncés qu'en 2007 et que les deux victimes ont été incinérées. Les médecins légistes ont néanmoins relevé, à l'analyse des dossiers médicaux des victimes, que ni Josée Julémont ni Berthe Loix n'étaient diabétiques. Les deux victimes ne présentaient pas de diabète ou de maladie qui leur permette de disposer d'insuline. Dans le cas de Berthe Loix, hospitalisée d'urgence en janvier 2002, le médecin légiste a relevé qu'elle présentait une hypoglycémie grave, majeure et profonde. Son taux de glucose était extraordinairement bas. La preuve positive de la présence d'insuline n'a pu être affirmée. Le lendemain de son admission, alors qu'elle avait reçu une importante injection de glucose lors des soins, Berthe Loix présentait toujours une importante hypoglycémie. Une cause naturelle reste inexpliquée. Mais une injection mortelle d'insuline est compatible aux analyses réalisées lors de l'hospitalisation de Berthe Loix. Les experts ont écarté l'hypothèse d'une hypoglycémie grave, spontanée et naturelle qui s'expliquerait par une pathologie particulière.

    >12h30:

    Lundi dernier, le Dr Letiexhe avait expliqué qu'il avait beaucoup réfléchi au décès de Betty Loix. Il avait affirmé être arrivé à une explication mais qu'il préférait en parler en présence des experts. Ce lundi, matin, dans son box, l'accusé était très attentif aux explications des experts. Il a répondu aux questions mais n'a pas demandé à avoir la parole. Cet après-midi, dès 14h, les jurés commenceront à entendre les témoins de moralité des deux accusés.

    >11h15:

    Les experts médicaux étaient attendus. La principale question à laquelle ils devaient répondre c'était de savoir comment une personne non-diabétique comme Betty Loix avait pu faire une hypoglycémie majeure. D'habitude, c'est en effet l'augmentation de l'insuline qui fait chuter le taux de sucre présent dans le sang. Or, ici, le taux d'insuline « naturelle » de Betty Loix était également bas. « L'hypoglycémie majeure pourrait ici être compatible avec l'injection d'un analogue de l'insuline » ont répété les experts devant la cour d'assises.

    >9h40:

    Suite à un mouvement syndical du personnel de la justice, c'est avec une vingtaine de minutes de retard que la cour d'assises de Liège a entamé son travail ce lundi matin. ette matinée sera consacrée à l'audition des médecins (notamment légiste) qui avaient été chargés d'examiner les différents rapports médicaux réalisés au moment des décès de Josée Julémont et Betty Loix.

    > Résumé de la journée de vendredi:

    Un témoin a évoqué vendredi devant la cour d'assises de Liège la présence d'un fantôme dans la maison ayant appartenu à Josée Julémont, une des deux dames âgées que le Dr Letiexhe aurait tué à l'aide d'une injection d'insuline. Josée Julémont serait revenue dans sa maison après son décès, a soutenu ce témoin sur un ton très sérieux . La dame qui a racheté la maison de la victime a évoqué un phénomène paranormal lié à de fortes odeurs de café pour expliquer le retour de l'âme de Josée Julémont. Le témoin, kinésiologue de profession et qui a racheté l'habitation de la défunte, a expliqué qu'elle avait acheté cette maison par le biais d'une agence immobilière. La gestionnaire de cette agence immobilière n'est autre que la personne qui a dénoncé Michel Letiexhe à la police et qui a été présentée comme sa maîtresse.Après avoir évoqué devant la cour les circonstances du rachat de la maison, le témoin a fait part d'un étrange phénomène: le fantôme de Josée Julémont rôderait toujours dans sa maison. "Un jour, alors que je ne bois jamais de café, j'ai senti une odeur de café. Cet épisode s'est reproduit durant trois jours et cela sentait de plus en plus fort. Il était impossible que l'odeur provienne de chez les voisins et passe à travers les murs. J'ai appris que Mme Julémont était une buveuse de café. J'ai alors supposé que l'âme de Josée Julémont revenait dans la maison", a soutenu ce témoin sur un ton très sérieux. Sur des bases plus scientifiques, le médecin généraliste de Josée Julémont a confirmé qu'elle était en bonne santé à l'époque des faits et qu'elle affichait un bon moral. Ses soucis cardiaques, connus à la fin des années 90, avaient disparu. Quelques mois après le décès de son mari, elle avait retrouvé goût à la vie. Elle envisageait de réaliser un voyage au Canada. Son décès est survenu de manière inattendue. Et ce n'est qu'après l'incinération du corps de Josée Julémont que le médecin généraliste a été prévenu du décès par le Dr Letiexhe. Des témoins ont évoqué la personnalité de Michel Letiexhe à travers sa profession. Il était un médecin assez populaire qui entretenait d'excellentes relations avec ses patients. Il était disponible et apprécié par ses malades mais pas autant par les endocrino-diabétologues. Il avait un statut particulier qui a peut-être suscité certaines jalousies. Il partageait ses activités entre deux établissements à Verviers et à Liège. Certains de ses collaborateurs estiment qu'il n'était pas totalement impliqué dans toutes ses activités, qu'il n'était pas assez fiable et pas assez présent, principalement à l'époque de son divorce. A cette époque, il semblait préoccupé par la recherche d'argent. Décrit comme effacé et timide, ne prenant pas part aux conflits, Michel Letiexhe semble s'être détaché du sérieux dont il devait faire preuve dans son métier. Il était accaparé par ses problèmes privés.Le procès reprendra lundi à 9 h avec les auditions des médecins légistes.