Conseil national de sécurité ce mercredi: davantage de liberté en août? Pas gagné!

Primeur
Que va annoncer le CNS
?
Que va annoncer le CNS ? - Belga

« Les chiffres frétillent encore beaucoup, on en est à une moyenne de 95 nouvelles contaminations par jour (+ 11 % par rapport à la semaine précédente) alors que l’on n’est qu’à la mi-juillet… Du coup, ma principale question est celle-ci : le Conseil national de sécurité pourra-t-il tenir l’extension du déconfinement prévue au 1er août ? Je ne suis pas sûr que ça va se passer », nous dit l’infectiologue du CHU Saint-Pierre, Yves Van Laethem. Précisons que si cet expert a toujours des avis fort éclairés sur la crise, il ne fait partie ni du Gees (le groupe d’experts qui rend des avis aux décideurs politiques) ni du CNS !

La ministre de la Santé Maggie de Block, elle, par contre, fait bien partie du CNS. Et ce qu’elle a dit sur la chaîne flamande VRT montre que le monde politique se pose des questions. « Les derniers chiffres montrent un petit rebond, ça ne peut pas continuer. Il n’y aura pas de nouveaux assouplissements si les cas continuent de grimper ». Son attaché de presse a tenté de rattraper le coup ensuite en précisant que ces déclarations n’engageaient en rien le CNS. « Elle a simplement dit que les chiffres de l’épidémie sont ce qu’ils sont et qu’il faut faire attention. La ministre ne se prononce pas avant le CNS », nous dit-il.

Les plus optimistes diront que les hospitalisations continuent à diminuer (une moyenne de 9,3 admissions par jour) de même que les décès. Nos hôpitaux ne comptent d’ailleurs plus que 138 malades Covid-19 (dont 23 en soins intensifs). Mais dans la balance, il y a aussi le retour des vacanciers qui risquent aussi de faire « frétiller » les chiffres durant tout le mois d’août.

Bref, il est probable que le CNS temporise et n’annonce rien d’extraordinaire ce mercredi et s’accorde du temps pour donner son feu vert au fameux élargissement des bulles « public » attendu pour août ? Va-t-on, au 1er août comme prévu, passer de 200 à 400 participants pour les événements en intérieur et de 400 à 800 participants pour les événements en extérieur ? Il sera sans doute trop tôt pour le dire.

Masque obligatoire

Par contre, le CNS pourrait annoncer au monde du football que les dérogations seront possibles dès août et que l’on pourrait donc dépasser les 800 spectateurs par stade, mais uniquement sur base d’un protocole et au cas par cas. Un match en Pro League n’est pas rentable avec seulement 800 spectateurs et le championnat recommence le 8 août…

Le CNS de ce mercredi va aussi parler des perspectives au-delà de l’été. Les organisateurs de foires, de salons et de festivals (lire ci-contre) ont de grandes attentes. Mais si la réponse est : il est trop tôt pour se prononcer, ils seront déçus.

Enfin, le port du masque pourrait aussi se retrouver à l’ordre du jour. Il vient d’être rendu obligatoire dans les magasins, cinémas, théâtres, musées… On pourrait l’imposer aussi sur les marchés, dans les parcs d’attractions et les parcs animaliers. Dimanche passé, Pairi Daiza a été confronté à quelques visiteurs indisciplinés qui ne portaient pas le masque alors qu’il y avait foule en certains endroits. Mais le parc n’est pas demandeur du masque obligatoire pour autant. « Nous avons réglé le problème en limitant le nombre de visiteurs et nos corona stewards font le reste en rappelant les consignes », nous dit la porte-parole Claire Gilissen. La Fédération nationale des commerçants ambulants, elle, réclame l’obligation du masque sur les marchés, afin de pouvoir accueillir plus de clients.

Françoise De Halleux

L’événementiel veut des dérogations

L’événementiel veut des dérogations

Le secteur de l’événementiel, durement impacté par la crise, espère énormément du Conseil national de sécurité programmé ce mercredi. « On espère vraiment avoir des perspectives pour le mois de septembre », nous dit Vinciane Morel, la porte-parole de l’Alliance des fédérations belges de l’événementiel, une association née au début de la crise pour tenter de trouver des solutions pour le secteur.

« En fait, pour le mois de septembre, on espère ne plus avoir de bulle chiffrée », poursuit-elle. « Car ces chiffres sont très limitatifs et ne sont pas une garantie absolue. Quelle différence y a-t-il entre un magasin Ikéa et une foire à destination de professionnels ou un salon des vacances ? Ce qui compte, c’est une bonne organisation avec le respect des règles. Imposer le masque, garantir les distances de sécurité, imposer des couleurs pour les sens de circulation… sont des mesures qui peuvent assurer la sécurité sanitaire, indépendamment du nombre de participants. » Vinciane Morel ne comprend pas non plus pourquoi le nombre de participants à des événements privés (50 pour les fêtes de mariage ou d’anniversaire) resterait fixé à 50. « Alors qu’à l’église, ils peuvent être 200. Il y a moyen de mettre des choses en place pour accueillir plus de monde à la fête ».

Puurs, mauvais élève

Hélas, deux éléments plaident contre sa demande. Les chiffres de l’épidémie en Belgique (lire ci-contre) et un public pas toujours respectueux des règles en place. Exemple : le mini-festival de musique de Puurs-Saint-Amands (province d’Anvers) où les 400 participants se sont retrouvés attroupés et sans masque ! « Cet événement avait reçu le feu vert des autorités mais voilà, tout n’a pas été respecté. Pendant ce temps, rien n’empêche un Belge de se rendre à un festival en France avec 5.000 personnes ! Permettre des dérogations pour élargir le public au-delà des 800 spectateurs permettrait de sauver une partie de la profession », supplie-t-elle.

F.D.H.

Retour de zone rouge: cacophonie

Aux touristes belges qui rentrent de vacances de zones rouges, le CNS avait promis des mesures homogènes, que l’on soit wallon, germanophone, bruxellois ou flamand (cette matière est une compétence des Régions). Dans les grandes lignes, on sera tous logés à la même enseigne : quarantaine et dépistage obligatoire pour celui qui rentre d’une zone rouge et, en cas de non-respect, sanctions pénales pouvant aller jusqu’à 4.000 € d’amende et/ou 6 mois de prison. « Mais dans la mise en œuvre des décrets, il y a de grosses différences », dénonce le député wallon cdH François Desquesnes, qui a épluché les textes.

Timing. « L’entrée en vigueur n’aura pas lieu en même temps partout. En Flandre, il est en vigueur depuis le 13/7. La Wallonie ne votera son décret que ce mercredi, donc l’entrée en vigueur ne se fera pas avant le week-end et Bruxelles ne votera que vendredi avec entrée en vigueur la semaine prochaine. »

Personnes visées. « Les personnes visées par l’obligation de quarantaine et de dépistage (en plus de la personne qui revient de zone rouge) varient d’une Région à l’autre. À Bruxelles, on vise aussi « les personnes de contact présentant un profil à haut risque ». En Wallonie et en Flandre, on vise « toutes les personnes qui ont été en contact » avec le voyageur de retour d’une zone rouge.

Le député cdH votera quand même le texte car il y a urgence. « Mais il faut surtout refédéraliser la Santé pour des cas de pandémie pareille ! D’ici là, il faudra corriger le texte à la rentrée car il y a d’autres différences gênantes. Que fait un Belge qui atterrit à Zaventem (Flandre) et rentre sur Namur, via Bruxelles ? Suit-il le décret wallon, bruxellois, flamand ? » Une cacophonie à corriger au plus vite, selon lui.

F. DE H.

Les nouvelles infections sont à la hausse

Ils tentent de faire respecter les mesures.
Ils tentent de faire respecter les mesures. - Belga

Que disent les chiffres de l’épidémie en Belgique ? Il y a de bons chiffres, il y en a de moins bons.

Commençons par les mauvais chiffres. Le nombre de nouvelles infections quotidiennes lors de la semaine du 4 au 10 juillet a augmenté de 11 % par rapport à la semaine précédente (27/06 au 03/07). On était à 85,6 nouvelles infections en moyenne par jour, on est monté à 95,3. Cette augmentation semble se limiter à certaines provinces : Anvers, Liège et le Limbourg. Ce qui fait dire à l’épidémiologiste Yves Coppieters, sur le plateau de la RTBF, qu’il faudrait peut-être penser à des mesures de confinement plus localisées.

Du côté des bons chiffres ? On ne compte aucun décès pour la journée du 13 juillet. Le compteur est resté figé sur 9.787 morts depuis plus de 24 heures. Ce serait une super-bonne nouvelle et un fait « historique » puisque l’épidémie fait tous les jours des morts depuis mars. « Mais attention, ce chiffre de 0 décès doit encore être consolidé dans les prochains jours », nuance Sciensano.

La plupart des nouvelles infections surviennent actuellement dans la population active (20-59 ans). Et celle-ci n’est globalement pas gravement malade puisque les admissions à l’hôpital continuent à diminuer : 9,3 nouvelles hospitalisations par jour en moyenne la semaine dernière (- 13 % par rapport à la semaine précédente). Nos hôpitaux continuent à se vider. Il ne reste plus que 138 patients Covid à l’hôpital, dont 23 en soins intensifs.

F. DE H.

Retour des zones orange: la quarantaine est «demandée»

Le dépistage et la quarantaine
: pas obligatoires, mais...
Le dépistage et la quarantaine : pas obligatoires, mais... - AFP

Ce mardi matin, la cellule d’évaluation Celeval avait décidé que la quarantaine au retour des zones orange n’était plus recommandée. Dans l’après-midi, les consignes ont été changées. Désormais, lit-on sur diplomatie.belgium.be, la quarantaine et le dépistage sont « demandés ».

Concrètement, cela veut dire qu’une personne qui revient d’une zone orange est tout de même « priée » d’observer une quarantaine et de se faire dépister mais que cela reste un choix, non une obligation. « Le message est toujours le même mais la formulation a été modifiée. Il n'est pas obligatoire de se mettre en quarantaine mais les voyageurs sont priés de se rendre chez leur médecin pour un test et de se mettre en quarantaine. On fait donc appel au sens civique des voyageurs », affirment des sources gouvernementales à nos confrères de la VRT.

Rappel des zones orange

Alors que la situation peut évoluer tous les jours, ce mardi soir, les zones indiquées en orange pour les retours sur diplomatie.belgium.be sont : l’Oberösterreich en Autriche, la Bulgarie, la Croatie, les territoires d’Aragon et Catalogne en Espagne, la région et ville de Trento en Italie, le grand-duché de Luxembourg, les régions d’Algarve et de l’Alentejo au Portugal, la région de Moravskoslezský en République tchèque, le Śląskie en Pologne, la Roumanie, le Tessin en Suisse et les Midland, North East et Yorkshire, Northern Wales et Irlande du Nord au Royaume-Uni.

Pour rester à jour, il est conseillé de consulter regulièrement les avis de voyage sur diplomatie.belgium.be.

Notre sélection vidéo
Aussi en Belgique